Quels clients avez-vous en face de vous ?

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Quels clients avez-vous en face de vous ?

voir aussi : anxiété 

L'observatoire Quick vient de réaliser une étude du goût et de l'équilibre. Il a réalisé, en collaboration avec la société de sondage et d'études, une enquête sur un échantillon de plus de 1 066 personnes afin de déterminer les tendances comportementales des consommateurs et les associer aux rythmes de vie de la société actuelle. Cinq grandes catégories sont alors remontées de l'observatoire Quick/BVA, laissant apparaître des comportements bien distincts autour de la notion de temps et de goût. À noter également une filiation liée au lieu d'activité ou de résidence.

Priorité au goût avec «Les Gourmets»

Indistinctement des hommes ou des femmes, ils représentent, avec 46,7% de la population, une catégorie centrale de l'étude. Ils associent le goût et le plaisir à la notion d'équilibre alimentaire. Relativement matures et âgés en majorité de 35 à 60 ans, ils ont déjà un vécu alimentaire fort et de bonnes connaissances nutritionnelles associés à une connaissance des bonnes pratiques alimentaires, puisqu'une grande majorité considère qu'il est important de consommer régulièrement des légumes et des fruits (vive le PNNS).

La notion de plaisir commence avant le repas avec une attention particulière dédiée à sa préparation. Peu sensibles aux prix des produits, 56% d'entre eux révèlent préparer le repas à la maison, préparés plutôt que faisant appel aux produits surgelés ou prêts à l'emploi.

Manger reste avant tout un plaisir. Plaisir qui ne passe pas par la fréquentation des fast-foods.

La seconde grande catégorie révélée par l'étude est qualifiée de «Traditionalistes». Cela concerne avant tout les plus de 50 ans, souvent des femmes n'exerçant pas d'activité. On sent derrière cette logique catégorielle, le profil de la femme au foyer. Manger est une question d'équilibre et les connaissances nutritionnelles sont fortement présentes et même transmises aux enfants. Éducation et alimentation sont donc deux ressorts forts de cette catégorie de consommateurs, de même que le respect du budget alimentaire, un tiers d'entre eux déclarent que le prix est un facteur de choix.

Ces derniers ne fréquentent pas les fast-foods. Le repas traditionnel comporte de vrais plats au quotidien, la convivialité étant mise en avant pour 82% des traditionalistes.

À l'opposé se trouvent «les Destructurés» pour qui la praticité est primordiale. Ici, l'alimentation est vécue comme une réelle contrainte. Priorité pour la moitié d'entre eux aux plats cuisinés et surgelés qui simplifient la tâche et ils recherchent avant tout des solutions peu coûteuses, rapides et pratiques. Cette catégorie qui représente 10% de la population totale est composée d'étudiants, de cadres moyens voire supérieurs. Ils connaissent les bonnes pratiques alimentaires, mais avouent ne pas les respecter voire pratiquer le grignotage. Ils sont un quart à fréquenter le fast-food de manière hebdomadaire.

«Les Pressés» quant à eux représentent 9,1% de la population totale. Ici, c'est le temps de repas qui dicte les pratiques, sachant que plus de 95% avouent acheter les aliments en fonction du temps de préparation. Dans ce cas, pas de différence urbaine ou rurale. Si certains quand même préparent les repas, 60% d'entre eux fréquentent régulièrement les fast-foods. L'équilibre alimentaire n'est pas une préoccupation première, ce même si sa connaissance est acquise. Le rôle d'éducation auprès des enfants n'est pas systématique, ces derniers les laissant grignoter entre les repas. Ce sont avant tout des jeunes actifs.

Enfin, «les désimpliqués» subissent leur mode alimentaire. Âgés de 35 à 49 ans, leur budget est faible et lié à des revenus modestes. Manger reste une contrainte physiologique, ne procurant pas de réel plaisir et revenant particulièrement cher. Ils constituent moins de 8% de l'échantillon représentatif. Les connaissances nutritionnelles sont peu présentes, ce qui se répercute sur l'éducation de leurs enfants. 64% d'entre eux grignotent entre les repas et le fast-food convient à leur mode de vie.

Au travers de cette étude, le facteur goût et qualité est un axe prioritaire pour la grande majorité. Le prix reste un élément de choix, mais la praticité et le facteur temps sont aussi présents. De manière générale, l'âge et l'activité influent aussi directement sur les modes alimentaires. L'attention au goût et à la qualité alimentaire s'apprécient-ils dans le temps ? L'étude ne le montre pas, mais de manière générale, l'offre alimentaire industrielle est avant tout appréciée pour sa praticité.

Ce que l'étude ne montre pas, c'est le devenir de catégories, comme «les Pressés et Destructurés». Ces derniers vont-ils évoluer vers les Gourmets et les Traditionalistes ou rester dans un même type de comportement alimentaire ? De manière générale, le temps disponible est un facteur de rupture dans les comportements alimentaires. De même, la concurrence des bonnes pratiques alimentaires semble en grande partie acquise, même si elle ne se traduit pas dans les faits.